extrait du républicain lorrain

 

 4ans après la fermeture du Puits de la Houve, 110 electros se sont retrouvés

 Vendredi 24 avril 2004, en fermant la mine de la Houve, une page de l’histoire du charbon est tournée. Poussière, matériels, souvenirs, crassier. Tout est classé. Ce jour là, en fin de journée, la dernière tonne de charbon extraite du sol français sera remontée du puits de la Houve. Suivie par l’ultime équipe de jour portant à bout de bras la statue de Sainte-barbe qui nichait dans son alcôve à 500 mètres sous terre. Et voilà. Terminus, tout le monde remonte.

Aujourd’hui, le paysage a bien changé sur le site où la nature a repris le dessus. Oubliés les bâtiments que  certains ont essayé de sauver, oubliés toutes les installations.

Mais la mémoire collective est intacte et les hommes, ces gueules noires aiment à  se retrouver entre eux.

De telles retrouvailles ne s’improvisent pas, et pour mener à bien ce projet, il a fallu toute l’ingéniosité de Laurent, Serge, Daniel,  trois mineurs, électromécaniciens au puits de la Houve, fermement  décidé à retrouver leurs pairs, pour un moment de franche camaraderie.

Certes, ils avaient déjà réussi l’exploit d’en réunir 150 il y  deux ans. Mais en deux ans, les choses changent. Ils ont retroussé leurs manches et se sont mis au travail. Entre appels téléphoniques, courriers et le jeu du bouche à oreilles ils  ont réussi à en contacter beaucoup.

Difficile parfois de reprendre contact’  relatent ils ‘entre maladie, séparation, décès, certaines nouvelles nous ont marquées.

Dans ce monde à part qu’était la mine, les gueules noires  ont passé beaucoup de temps ensemble. En fonction des affinités, au fil des ans, des liens se sont  tissés, facilitant les échanges sur la vie professionnelle mais également  personnelle. Alors en 2004,  ces electros s’étaient jurés de ne pas se perdre de vue, de se revoir plus souvent. Mais le temps passe si vite.

Grace à la détermination de nos trois compères, 110 mineurs ont  répondu présents. Accueillis à la Maison pour tous, ils ont pointé et se  sont vu remettre un CD, avec diaporamas sur les mines lorraines, photos aériennes d’hier et d’aujourd’hui, et petits films sur les démolitions.

Apres ces formalités, les retrouvailles. Entre  moments d’hésitations sur les noms ou les surnoms,   exclamations et commentaires sur le physique, les cheveux grisonnants, etc …. ,  amitié et complicité ont réapparu naturellement. Tout au long de l’apéritif, les conversations allant bon train, quant aux nouvelles occupations  des uns et des autres : vie associative,  implications humanitaire, jardinage, reprise d’activité   ou pour d’autres une vision plus épicurienne de la vie.

Plus tard, lors du repas, tout naturellement, les souvenirs du bon vieux temps sont remontés à la surface. Tous les événements qui ont émaillés leur quotidien, comme : les bons moments, les mémorables coups de gueules, les grandes grèves et de manière plus pudiques les accidents.

Il y avait certainement beaucoup à raconter et à dire car la soirée s’est prolongée jusqu’aux premières lueurs de  l’aube. Pour nos electros une certaine  manière  de  refaire   poste de nuit.  Nostalgie quant tu nous tiens.

 

 

 

Dernière mise à jour de cette page le 18/10/2008

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